Mais parfois, cette passion me fait douter sur ma santé mentale. Je me suis déjà demandé plusieurs fois quels objets usuels pouvaient faire de bons dispositifs anti-zombies. Si je vois une armurerie, je retiens son emplacement pour le jour Z. J'ai même un "plan de Zurvie" qui traine dans un coin sombre de mon cerveau malade, au fond, caché derrière des caisses de souvenir d'écoles et de vieux pornos, bref des idées plus socialement acceptables.
Mais nul doute que Dead Rising ne va pas améliorer mon état.

Dead Rising est sorti il y a maintenant presque 2 ans sur Xbox 360. Comme je viens à peine de découvrir la console de Bilou, je découvre enfin ce jeu qui titille mes pulsions zombophiles (rien de sexuel, rassurez-vous) depuis trop longtemps.
Dans ce jeu, vous êtes Frank West, un photojournaliste freelance qui flaire le scoop quand une petite ville paumée du Colorado (ce genre de ville où les gens se marient entre cousins et jouent du Banjo en charmant des poules) est mise en quarantaine par l'armée. Un hélico le pose sur le toit du supermarché du coin, et reviendra le chercher dans 72H. Ce que Frank ne savait pas, c'est qu'il aurait préféré bosser au JT de Pernaud que d'atterir dans cette charmante bourgade en proie à une épidémie de zombies. Le voici coincé 3 jours dans le Mall, avec pour seul objectif de ne pas laisser les habitants putréfiés le couvrir de leurs bizous.

Toi aussi, cherche Charlie.
Si l'équation "Zombie + Supermarché + Survie" ne vous inspire rien, c'est que vous n'avez aucune culture. Et vous sentez des pieds. Comme dans le Zombie de Romero, donc, Le but du jeu est simple. Survivre, et attendre le retour de l'hélico dans 72H. Et à partir de là, vous êtes libre de tuer le temps. Vous pouvez laisser tourner la console 6H (le temps passe 12 fois plus vite) en sécurité, mais ce serait franchement idiot. Vous pouvez vous la jouer bon samaritain, en sauvant les autres survivants coincés dans l'immense Mall. Vous pouvez enquêter sur les raisons de cette épidémie Z (comme tout bon journaliste). Ou vous pouvez enfiler une robe, un masque de cheval, et vous amuser à tronçonner des tonnes de zombies (comme tout bon journaliste).
Vous l'aurez compris, le principal intérêt du jeu est son coté "sandbox" : le Mall est gigantesque, et grouille de zombies (on pourrait aller jusqu'à 800 à l'écran). Plus que les graphismes (pourtant très sympas), c'est surtout cette foule grouillante qui fait honneur à la next-gen. Et pour combattre l'invasion des mort-vivants, vous aurez le choix des armes : plus de 250 objets sont disponibles dans les magasins du supermarché, de la bonne vieille batte à la foreuse gore, en passant par la tondeuse (hommage à Brain Dead de Peter Jackson ?) ou les armes plus gags, comme le sabre-laser en plastique ou les cônes de circulation.

Si vous avez peur des clowns, ce jeu ne va pas vous aider.
Malheureusement, la deadline des 72H risque de frustrer plus d'un : il est très difficile (voire impossible) de tout faire en si peu de temps. Et c'est très frustrant de courir vers un scoop en devant laisser une survivante se faire bouloter, surtout quand voudrait juste prendre son temps et faire joujou avec sa masse. Le jeu vous impose donc de choisir vos priorités. Mais ce défaut est également l'une de ses plus grandes qualités, vous donnant envie de recommencer la quête principale pour trouver les survivants manquants, les instants chocs à photographier au bon moment, ou simplement vous nourrir des joies simples procurées par un german supplex proprement effectué sur un zombie.

Vous soupoudrez le tout d'une bose dose de gore (ma bonne vieille masse, je t'aime comme une rousse à gros seins) et d'un humour oscillant entre le noir, le rouge sang et l'absurde (les psychopathes qui hantent le Mall offrent une belle gallerie de fondus, du clown psychopathe au rescapé du Vietnam en passant par la famille américaine folle des armes), et vous obtenez un grand moment signé Capcom, parfait si comme moi vous avez toujours rêvé de broyer des hordes de mort-vivants à grand coup de shotgun.
Si ce, je vous laisse, je vais faire mes provisions de vivres, m'acheter une batte, et aménager mon grenier. On n'est jamais trop prudent.

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