Avec la sortie récente de
The Dark Knight en DVD, l'occasion était trop belle de mettre à l'honneur notre justicier en collants préféré, et de ressortir de la boite à souvenirs une petite perle d'animation malheureusement trop méconnue,
Batman : Mask of the Phantasm.

En 1992, suite au succès de
Batman et
Batman Returns de Tim Burton, Fox Network eut logiquement l'idée de capitaliser sur le vengeur masqué sous la forme d'une série animée. Confié au producteur Bruce Timm, le résultat fut l'une des meilleures séries d'animation de tous les temps, acclamé par la critique pour son esthétique Art Déco travaillée, ses personnages compexes et ses scénarios sombres. Il fut, avec les Simpsons, le show qui prouva que les dessins animés pouvaient tout aussi bien s'adresser aux enfants et aux adultes. Et par dessus tout, il a
le meilleur générique de tous les temps. Sérieusement, comment ne peut-on pas être totalement accro juste après ça ?
La série fut un énorme succès, à la fois critique et public. C'est donc en toute logique que fut décidé une adaptation sur grand écran. Arrive donc Mask of the Phantasm (
Batman contre le Fantôme Masqué en VF). Et connaissant le degré d'excellence de la série, à quoi s'attendre d'autre qu'un divertissement de qualité rempli d'action et qui satisfera aussi bien les grands que les petits ?
Si vous pensez ça, vous êtes loiiiiin du compte.
Dès l'introduction, le film se démarque de sa série originale. Là où chaque épisode commençait avec une promesse d'action et d'aventures, le long-métrage a son propre générique à base de choeurs masculins sur fond de Gotham en 3D, évoquant plus le drame épique shakespearien.

Rapidement, les prémices sont installés : Batman (oui, parce que c'est quand même son film) doit affronter un nouveau villain nommé le Phantasm. Et que fait le Phantasm, me demandez-vous ? Il attaque des banques avec du gaz hilarant, il tente de conquérir le monde... ?
Il assassine des gangsters. Et c'est à peu près tout.
C'est... un film famillial, n'est-ce pas ?
Et pour courroner le tout, Batman est accusé des meurtres du Phantasm et traqué par la police. C'est donc à lui seul de prouver son innocence, tandis que son ancien grand amour Andrea revient en ville et lui rapelle de tristes souvenirs. Il se pourrait bien même que de vieux habitués se joignent à la fête...

Bref, vous l'aurez compris, le film est sombre. Là où la série réunissait un public jeune et adulte, Mask of the Phantasm va encore plus loin en en lançant dans une histoire encore plus sombre et dramatique, qui fait la part belle aux développements psychologiques de personnages. Les moments d'humour sont rares, malgré la présence même du Joker, qui vous rappellera pourquoi vous haïssez les clowns (grâce entre autres à l'exceptionnelle voix de Mark Hamill - C'est exact, Luke Skywalker).

Et bien sur, comme pour la série, vous aurez toujours votre dose de décors Art Déco à tomber, de personnages à la psychologie trouble et complexe, et d'action - au quintuple, gros budget cinéma oblige.

Malheureusement, ce petit bijou est difficilement trouvable, n'ayant jamais eu de sortie DVD en France ou en Belgique. Une éventuelle sortie
est continuellement repoussée depuis quelques mois, sans doute à cause du faible succès au box-office, dû à la sortie en même temps de
Batman Forever en salle. Même des critiques comme Siskel & Ebert l'ont loupé à l'époque - uniquement pour
revenir dessus plus tard et le mettre à niveau avec le Batman de Tim Burton.
Si vous avez aimé Batman - La Série étant jeune, que vous aimeriez la découvrir, mais que vous ne savez pas par ou commencer, jetez-vous sur Mask of the Phantasm. Il contient le style, l'ambiance, l'écriture intelligente et tous les autres éléments qui ont fait son succès sur télévision, mais encore plus adulte et complexe, afin que vous ne culpabilisez pas de regarder un dessin animé pour enfants (non pas que vous devriez, hein). Et si vous avez loupé la série à l'époque, c'est une excellente introduction, le film se passant principalement avant les épisodes télé.

Et pour m'excuser d'avoir pris si longtemps pour poster quelque chose, en bonus-track tout droit de chez
ThatGuyWithTheGlasses.com, l'intro de la série
revue avec des paroles. Vous ne pouvez pas me dire que je ne vous gâte pas, bande d'ingrats.